# 362 ème

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Quand je n'ai pas le temps de lire un roman, j'en emprunte en version audio à ma médiathèque et je l'écoute dans ma voiture ou en faisant le ménage ! La tache devient tellement plus passionnante :P

Ces histoires m'ont plu et certains de leurs passages m'ont soufflé de vous reproposer ce petit jeu de devinettes florales : à quelles fleurs pensez-vous ?
Hâte de lire vos conseils !

 

 

Le liseur

Le liseur de Bernhard SCHLINK : clic

Livre audio lu par Samuel LABARTHE
1ère partie, chapitre 1
- extrait de 01:12 à 03:57

« A quinze ans j'ai eu la jaunisse. La maladie débuta en automne et se termina au printemps. Plus l'année finissante devenait froide et sombre plus j'étais faible. C'est seulement avec l'année nouvelle que je remontai la pente. Janvier fut tiède et ma mère installa mon lit sur le balcon. Je voyais le ciel, le soleil, les nuages et j'entendais les enfants jouer dans la cour. Par un début de soirée de février, j'entendis chanter un merle. Ma première sortie de la rue des fleurs, où nous habitions au deuxième étage d'un gros immeuble datant du début du siècle, fut pour aller dans la rue de la gare. C'est là qu'un matin d'octobre en rentrant du lycée j'avais été pris de vomissements. Cela faisait plusieurs jours que je me sentais faible, plus faible que je ne l'avais jamais été encore de ma vie. Chaque pas me coûtait. Quand je montais des escaliers à la maison ou au lycée, mes jambes me portaient à peine. Je n'arrivais pas non plus à manger. Même lorsque je me mettais à table en ayant faim, les aliments me dégoûtaient tout de suite. Le matin je me réveillais la bouche sèche avec l'impression que dans mon ventre les organes pesaient et n'étaient pas à leur place. J'avais honte d'être aussi faible. J'eus encore plus honte de vomir. Cela ne m'était encore jamais arrivé non plus. Ma bouche se remplit, j'essayais d'avaler, je serrais mes lèvres et plaquais ma main sur ma bouche, mais ça jaillit et passa entre mes doigts. Alors, prenant appui sur un mur d'un immeuble, je regardais le vomis à mes pieds, rendant des glaires liquides. La femme qui vint à mon aide le fit presque brutalement. Elle me prit par le bras et m'emmena par une entrée sombre dans une cour intérieure. En hauteur d'une fenêtre à l'autre du linge pendait à des cordes. Des piles de bois étaient entreposées dans la cour. Par la porte béante d'un atelier, une scie hurlait et des copeaux volés. Près de la porte par laquelle nous étions passés, il y avait un robinet. La femme l'ouvrit, rinça d'abord ma main puis prenant l'eau dans le creux de ses mains m'aspergea la figure. J'essuyai avec mon mouchoir. - "Prends l'autre." Deux seaux étaient posés près du robinet. Elle en prit un et le remplit. Je pris et remplis l'autre et je retraversais l'entrée derrière elle. D'un grand geste elle jeta l'eau sur le trottoir, le flot entraîna le vomi dans le caniveau. Elle me prit des mains l'autre seau et acheva de rincer le trottoir à grande eau. Elle se redressa et vit que je pleurais. - "Garçon, dit-elle toute étonnée, garçon". Elle me serra dans ses bras. »

 

Quel serait votre conseil de fleurs à ce garçon ?

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Le chat noir

Le portrait ovale d'Edgar Allan POE : clic

Livre audio lu par Jacques BONNAFFE
1ère partie, chapitre 1
- extrait de 06:27 à 11:15

« (...) tout en faisant ces réflexions et très vivement je restais à demi étendu à demi assis, une heure entière peut-être, les yeux rivés à ce portrait. A la longue, ayant découvert le vrai secret de son effet je me laissais retomber sur le lit. J'avais deviné que le charme de la peinture était une expression vitale, absolument adéquate à la vie elle-même qui d'abord m'avait fait tressaillir et finalement m'avait confondu, subjugué, épouvanté. Avec une terreur profonde et respectueuse, je replaçais le candélabre à sa position première. Ayant ainsi dérobé à ma vue la cause de ma profonde agitation, je cherchais vivement le volume qui contenait l'analyse des tableaux et leur histoire. A l'endroit au numéro qui désignait le portrait ovale, j'y lus le vague et singulier récit qui suit : "C'était une jeune fille d'une très rare beauté et qui n'était pas moins aimable que pleine de gaieté, et maudite fut l'heure où elle vit et aima et épousa le peintre. Lui passionné, studieux, austère et ayant déjà trouvé une épouse dans son art. Elle, une jeune fille d'une très rare beauté et non moins aimable que pleine de gaieté, rien que lumière et sourire et la folâtrie d'un jeune faon aimant et chérissant toute chose, ne haïssant que l'art qui était son rival, ne redoutant que la palette et les brosses et les autres instruments fâcheux qui la privaient de la figure de son adoré. Ce fut une terrible chose pour cette dame que d'entendre le peintre parler du désir de peindre même sa jeune épouse. Mais elle était humble et obéissante et elle s'assit avec douceur pendant de longues semaines dans la sombre et haute chambre de la tour où la lumière filtrait sur la pâle toile seulement par le plafond. Mais lui, le peintre, mettait sa gloire dans son oeuvre qui avançait d'heure en heure et de jour en jour. Et c'était un homme passionné et étrange et pensif qui se perdait en rêverie si bien qu'il ne voulait pas voir que la lumière qui tombait si lugubrement dans cette tour isolée, désséchait la santé et les esprits de sa femme qui languissait visiblement pour tout le monde, excepté pour lui. Cependant elle souriait toujours et toujours sans se plaindre parce qu'elle voyait que le peintre, qui avait un grand nom, prenait un plaisir vif et brûlant dans sa tache et travaillait nuit et jour pour peindre celle qu'il aimait si fort mais qui devenait de jour en jour plus languissante et plus faible. Et, en vérité, ceux qui contemplaient le portrait parlaient à voix basse de sa ressemblance comme d'une puissante merveille et comme d'une preuve non moins grande de la puissance du peintre que de son profond amour pour celle qu'il peignait si miraculeusement bien. Mais, à la longue, comme la besogne approchait de sa fin personne ne fut plus admis dans la tour car le peintre était devenu fou par l'ardeur de son travail et il détournait rarement les yeux de la toile même pour regarder la figure de sa femme, et il ne voulait pas voir que les couleurs qu'il étalait sur la toile étaient tirées des joues de celle qui était assise près de lui. Et quand bien des semaines furent passées et qu'il ne restait plus que peu de choses à faire, rien qu'une touche sur la bouche et un glacis sur l'oeil, l'esprit de la dame palpita encore comme la flamme dans le bec d'une lampe. Et alors, la touche fut donnée. Et alors, le glacis fut placé. Et pendant un moment où le peintre se tint en extase devant le travail qu'il avait travaillé, mais une minute après comme il contemplait encore il trembla et il devint très pâle et il fut frappé d'effroi et criant d'une voix éclatante : - "En vérité c'est la vie elle-même !" Il se retourna brusquement pour regarder sa bien-aimée. Elle était morte. »

 

Quel serait vos conseils de fleurs pour ces trois personnages ?

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  • Mots Clés : Citations, Partager nos connaissances ; émotions.

 

 

 

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