# 306 ème

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L'ombre de ma voix

Le livre était en exposition sur une tablette de la médiathèque, je l'ai pris sans hésitation très impatiente de me plonger dedans. Il allait sans doute m'apprendre plein de choses sur elle mais aussi me replonger dans de beaux souvenirs...

De beaux souvenirs professionnels car j'ai travaillé dans la maison de disques (label) de Patricia Kaas pendant 8 ans et dans 4 services différents ; ce qui m'a permis de suivre certains artistes de l'enregistrement de leur album à leur promotion auprès des médias, en passant par leur développement marketing. A mon embauche, Patricia Kaas sortait son album JE TE DIS VOUS et je travaillais dans le service des attachées de presse radio. A mon départ son album BEST OF 1987-2001 venait d'être commercialisé. Avec lui se finissait ma collaboration à la production de ses disques, celui-ci était notre 5ème album "ensemble". Quelle belle aventure !

J'ai d'abord croisé cette artiste en radio pour des interviews et des plateaux d'émission, puis en concerts et enfin en studio d'enregistrement. D'un tempérament timide et réservé, ayant besoin d'être rassurée sur la confiance en soi ; je l'ai découverte forte et épanouie en situation de "chant". En studio ou sur scène, exerçant alors le coeur de son métier, elle se donnait à fond et cherchait la qualité, soucieuse de plaire à son public, de tout lui donner. Ses liens particuliers avec ses deux managers m'informaient de son attachement aux personnes proches. Une amitié forte, une protection forte, une capacité de travail forte, une confiance en eux forte. Tout cela je l'ai retrouvé dans son livre autobiographique avec en plus des confidences sur sa famille, ses relations avec sa mère (première fan) et son père, son enfance, les débuts de sa carrière, etc... Si vous aimez cette chanteuse, je vous conseille la lecture de ce récit sincère et simple.

 

"L'ombre de ma voix" regorge de passages où la description d'une émotion, d'un sentiment évoque immédiatement le nom d'une Fleur de Bach. Même si on n'a pas envie de penser à ça à ce moment-là - parce que c'est sympa de temps en temps de penser à autre chose ! - c'est difficile de faire autrement parce que le fleur semble apparaitre toute seule.

Je vous ai sélectionné quelques paragraphes et vous propose de deviner à votre tour les élixirs floraux concernés.
Vous avez la possibilité d'écrire vos réponses, vos questions et vos doutes en "commentaires" (bas de page) en précisant le n° du paragraphe pour un échange compréhensible.

 

 

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L'ombre de ma voix, Patricia Kaas
Récit, autobiographie, FLAMMARION - quelques extraits :

 

  1. " La vie d'artiste... Elle [maman] en rêvait pour moi. Les feux de la rampe, la scène brûlante, les fans hystériques. Et les rencontres avec des étoiles ou des lumières, des stars, des présidents. Et les voyages en Russie, en Asie, ou en Allemagne.
    La vie d'artiste... je l'ai eue, je l'ai, sans la regretter. Mais quand j'y pense, je ne m'en souviens plus. Comme si j'avais rêvé."

  2. "Avant d'être malade, elle [maman] avait déjà tendance à me surprotéger, à être anxieuse à tout bout de champ. Pourtant, enfant il ne m'arrivait pas grand chose malgré tout le sport que je faisais (...) J'étais adolescente et j'avais tendance à vouloir, pour me grandir et me vieillir, porter des talons. Maman me prévenait que j'allais tomber et me faire mal à force de vouloir me percher comme ça."

  3. "Le programme est chargé. Cyril et Richard [ses managers] constatent mon endurance, ils voient que je peux enchaîner des chapelets de dates dans cinquante pays différents sans broncher. Je ne me plains pas, on ne m'a pas appris. Chez moi, alors qu'on en avait les motifs, personne ne regrettait jamais son sort. Malgré tout ce que mon père avait à endurer, je ne l'ai jamais entendu dire : "je suis crevé, j'en ai marre." Alors de quel droit, moi qui ai le privilège de voyager, de gagner ma vie en chantant, moi qu'on traite comme une princesse, je me plaindrais ?"

  4. "Cette fois il [un fan malade psychiquement qui la harcèle] est venu pour récupérer des informations sur moi. Il s'est dit que, dans les affaires de la société [de management] il aurait tous les détails, les images qui lui manquaient ou d'autres choses qui me concerneraient intimement. Alors, il a tout volé, des projets de chantage plein la tête. Avant de s'enfuir, il libère son otage sain et sauf. Avec la police, qui avait été prévenue, sur ses talons. Commence une filature à l'issue incertaine... Décidément, j'ai perdu espoir de me débarasser de ce problème qui m'empêche de vivre depuis trop longtemps. J'essaie de me faire à l'idée que je vivrai toujours avec quelqu'un dans mon dos. Que je sentirai toujours sa respiration, son souffle dans ma nuque, à ce fou qui m'aime tragiquement. La perspective me terrifie. Mais force est de constater que nous sommes dans une impasse, lui et moi. Je ne peux rien lui donner. Et lui, bon sang, qu'il me fiche la paix."

  5. "Je devrais être rassurée, me disent certains, maintenant que je suis libérée de la menace [l'homme est mort]. Impossible. Je ne peux me réjouir de la mort de personne, pas même de la sienne. Ce garçon était malade, il m'aimait d'un amour comme lui, malade. Ce n'est pas un motif pour mourir, plutôt une raison pour se soigner. Et puis, à mon insu et comme pour bien des victimes qui tissent un lien avec leur persécuteur, j'éprouve pour lui quelque chose qui ressemble à de l'attachement. Sa vie était déprimante, sa mort l'est tout autant. Je me sens un peu coupable."

  6. "La peur ne m'a pas quittée. Le moindre bruit, la nuit me réveille. Je mets des heures à m'endormir, aux aguets, les nerfs à vif. Je ne peux plus fermer l'oeil si une lampe allumée dans ma chambre. Je sursaute au moindre craquement. Je me lève plusieurs fois pour vérifier que j'ai bien fermé la porte. J'ai peur qu'on me regarde, je flippe dès que c'est avec insistance.
    Ces deux ans de harcèlement m'ont un peu traumatisée. Je vis encore dans la terreur ; pour un peu j'apercevrai encore mon fou dans la foule. j'ai beaucoup de mal à dormir seule, j'ai besoin de me sentir protégée pour fermer ne serait-ce qu'un oeil. J'essaie de me raisonner, de me dire que je ne crains plus rien, mais je ne peux pas m'empêcher de sentir que je ne suis pas en sécurité.
    Des mois sont nécesaires avant que, de nouveau, je puisse sortir de chez moi sans imaginer le pire."

  7. "La tournée Ce sera nous me prouve que l'inhabituel se produit aussi, y compris les trous de mémoire. Comble de malchance, quand l'incident se produit, c'est sur la scène du Zénith à Paris. J'essaie de chanter "Le Mot de passe", mais je bloque. Je ne comprends pas pourquoi. (...) Avant d'être paniquée, je suis étonnée. Je viens de m'y reprendre à deux fois déjà et là, je trébuche à nouveau. Tout de suite je traverse un grand moment de solitude. Plus je tente de me rattraper, plus je m'enlise. Sur la scène (...) je voudrais disparaître. Les six mille personnes qui assistent à mon naufrage me laissent nager en silence. (...) J'ai définitivement oublié les paroles de "Mot de passe". J'ai le sentiment de ramper dans l'obscurité, de tâtonner sans aucune chance de débusquer l'issue. Je me suis arrêtée trois fois déjà après avoir bafouillé des mots qui ne sont pas le texte. Et même maintenant que j'ai les paroles écrites noir sur blanc sous les yeux, je continue de dire n'importe quoi. La panique m'a mise hors service. Tout est flou sur la feuille, les lignes de lettres dansent, les notes valsent, je confonds les mesures. Chaos.
    L'ambiance est sépulcrale. J'entends des hordes de mouches voler. Je vois le moment où je vais m'écrouler. Je ne sais pas comment je vais me dépétrer de cette situation embarassante. Dans ces moments-là on pense qu'on devrait s'enfuir, quitter la scène..."

  8. "Ma halte à Zurich n'en est pas une. Je suis physiquement dès que je le peux chez moi, j'ai posé mes valises pour longtemps, j'y resterai six ans. Là, je peux me concentrer cent pour cent sur ma carrière. Le succès mitigé du cinquième album m'a d'abord abbatue avant de m'insuffler une nouvelle force. Comme mon père l'était, je suis une acharnée, une combattante. Je n'arrête pas de lutter à la première défaite."

  9. "La tournée Kabaret me demande autant que la première de ma carrière. J'avais alors atteint le summum de l'épuisement. Elle est harassante. Physiquement je suis amenée à me dépenser beaucoup dans ce spectacle. A tous les niveaux. La danse rajoute des couches de fatigue (...) et quand je sors de scène, je suis totalement épuisée. Avec Kabaret, le curseur de surcharge vire au rouge. (...) Je me suis tuée au travail, écrasée de fatigue pour ne plus rien sentir, je me suis cassée en mille morceaux, éparpillée sur scène aux quatre coins de la terre pour éliminer la douleur sans jamais l'éjecter.
    Avec Kabaret je vais seulement au bout de mon investissement. Je place toutes mes forces et mon énergie. Les concerts coûtent chers, la production étant très lourde avec un chorégraphe, une danseuse, des musiciens, et je commence la tournée sans savoir quel sera le résultat financier. Mais j'ai choisi de me faire plaisir, de créer le spectacle parfait, d'offrir l'illusion d'un moment."

 

 

Patricia Kaas ; marionfleurs

 

 

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* REFERENCES PAR ORDRE D'APPARITION

  • Patricia Kaas, L'ombre de ma voix : livre

 

 

 

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