# 70 ème

 

 

Quand j'étais au lycée, l'été je partais cueilllir des fruits dans une ferme à côté de Nyons.

C'était pour moi l'occasion de me faire un peu d'argent de poche et de rencontrer des jeunes européens.

En effet mes hôtes aimaient accueillir des Anglais et des Allemands, ce qui m'a permis de parler étranger tout en ramassant des cerises, du tilleul et des abricots. C'est dans cet ordre que mûrissent ces arbres et nous passions d'une activité à une autre avec bonheur. Qu'est-ce qu'on a pu rigoler et s'empiffrer !!!

Le tilleul était planté au milieu de la cour de la ferme. Il était majestueux. Immense. Protecteur. Ses fleurs sentaient un parfum léger et doux. Pour aller les cueillir, nous grimpions sur une échelle à plus de 6 mètres de hauteur. L'avant-dernier barreau était ficelé à la première branche basse de l'arbre pour éviter la chute. Notre sac en toile de jute avait un crochet que nous suspendions sur une branche ou notre échelle. Une fois l'équilibre d'aplomb, ma main gauche saisissait une branche de l'arbre fleuri. Elle la levait un peu pour faire tomber ses fleurs à la perpendiculaire. Ensuite je la secouais afin que les insectes bourdonnant s'envolent. Le passage libre, ma main droite allait au fond de la branche et revenait vers l'avant en récoltant toutes les fleurs "verticales". Ensuite je les faisais tomber dans mon sac. Je me souviens ramasser en une journée seulement 30 kg de feuilles pour 6 francs le kilo ! Ce qui faisait un maigre salaire par rapport à mon rendement aux cerises. Par contre, passer des heures au coeur d'un tilleul à des mètres du sol est un moment assez magique. J'entends encore la maîtresse de maison dresser la table en-dessous pour midi et nous appeler à l'heure du repas. Nous sortions notre pique-nique et partagions nos mets sous l'ombrage de cet arbre plus que centenaire. Des générations l'avaient fait avant nous et le brouhaha de leurs conversations semblait revenir avec les sons bzz bzz des abeilles au-dessus de nos têtes.

Ces quelques heures, sur une semaine, durant 3 années, sont restées gravées dans ma tête. Si je devais retourner à cette ferme, c'est sous cet arbre que je m'arrêterais pour reprendre possession du lieu.

 

Cet été, un de mes enfants a suivi un stage avec l'Association De quoi je me mêle. Pour rejoindre leur local, j'avais deux chemins possibles. Soit la Nationale. Soit des routes de campagne. J'ai rapidement pris cette option qui me permettait de découvrir la Nature en Fleurs. Et nous nous sommes régalés. A quelques mètres de l'arrivée, se trouvait une petite ferme traditionnelle avec sa grange en pisé. Et devant, limitrophe à la route, continuait de pousser un superbe tilleul. Un matin, j'ai pris le temps de m'arrêter pour le photographier. Le voici ...

 

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TILLEUL : de liens d'amour familiaux distendus vers la réceptivité à l'amour

Peut vivre au-delà de 1 000 ans.
Dans les pays scandinaves, arbre protecteur, considéré comme l'ancêtre d'un clan, d'une famille.
Dans toutes les mythologies, c'est un arbre féminin, reconnu pour ses qualités protectrices au sein du clan ou de la famille.
Dans le sud de la France on le rencontre fréquemment devant les maisons.

  • facilite la réciptivité à l'amour
  • accompagne une démarche consciente sur la famille (secrets, drames)
  • renforce la relation entre la mère et l'enfant
  • facilite la communication et l'échange dans le respect et la cordialité
  • apporte des qualités de protection, de chaleur nourricière, de calme et de douceur
  • quand on se sent coupé des autres, de ses racines. Sentiment d'abandon, de solitude.

 

 

philippe

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